Bonjour à tous,
Je me suis enfin décidé à poster ma modification « bicarburation HVP » sur mon JTD 105.
1 an de réfléxion et 5 mois de conception réalisation mise au point pour voir aboutir ce projet.
Au début de la modification, la voiture (brava JTD 105 elx de 2000) a 150 000 km. Tout d’origine. C’est mon véhicule perso, le seul et pas moyen de le casser j’ai donc vraiment réfléchi à un systeme durable et viable.
Rappel : Problèmes de l’utilisation de l’huile végétale dans les moteurs diesel récents :
- l’huile trop visqueuse fait forcer la pompe d’injection et peut la casser.
- les diesel récents ont une température de combustion plus faible que les autres, et l’huile peut ne pas bruler entierement et laisser des dépots dans le moteurs. Si le moteur est froid, les segments ne sont pas collés et le dépôt peut se former entre et à la longue empécher les segments de se refermer => casse moteur…
Principe de la bicarburation HVP (Huile Végétale Pure)
- on démarre le moteur au gasoil
- le moteur chauffe et on utilise la chaleur du moteur pour chauffer l’huile
- apres avoir suffisament chauffé, on bascule sur l’huile, on tourne à l’huile le temps du trajet
- au moment d’arrêter le moteur, on fait une purge du circuit au gasoil pour pouvoir redémarrer la prochaine utilisation de la voiture.
Schémas Théoriques de l’installation
Schéma du circuit gasoil apres la premiere modif

Et là avec les modifications appliquées :

Matériel :
1 réservoir additionnel pour l’huile (occasion - oliomobile)
1 pompe de gavage adaptée à l’huile (fabrication maison par un ami) pas de prix…
1 électrovanne d’alimentation (occasion – ebay)
1 électrovanne de retour carburant (aden.fr)
1 filtre pour l’huile (occasion – oliomobile)
1 échangeur thermique 30 plaques (aeden.fr)
1 réchauffeur de carburant électrique (fabrication maison)
1 controleur de température, qui mesure la température de l’huile et pilote le réchauffeur électrique (aeden.fr) ECT 200
1 petit filtre additionnel apres le réchauffeur électrique pour attraper les résidus brulés éventuels, et tout dépôt… (petite societe de plomberie sur mesure à tournefeuille)
Du cable électrique, de la durite d’eau (16 et 12), de carburant (

, des relais, des fusibles, de l’étain de la gaine thermo, des interrupteurs, des gaines de protection pour les cables, 10 kilos de raccords de plomberie (té, coudes, réducteurs, raccords) et 200 000 colliers……. lol
0) Modification de l’admission d’air
Vous avez pu remarquer qu’on manque un peu de place sous le capot du JTD 105, d’ailleurs sur bon nombre de moteurs un peu récents… Du coup la premiere étape de ce projet a été de modifier l’admission pour la dérouter vers la gauche du moteur pour récupérer la place de la boite à air.
Gaine air + coude 60 – 70 fait sur mesure par une petite société du centre (avec l’entrée du reniflar) + filtre cône Green (ebay)

1) Modification du retour carburant
Le retour carburant est un peu compliqué et nécessite d’être simplifié pour rouler à l’huile et éviter de mélanger les carburants. Il a fallu shunter la durite qui va du filtre au collecteur de retour.

La modification a été simple : un té de dérivation d’un coté pour renvoyer le retour du filtre vers le réservoir, et un bouchon du coté du collecteur de retour.

2) Installation du réservoir
Monopoel 41 L, a la place de la roue de secours, équipé d’une jauge, je l’ai un peu modifié par la suite pour que le retour et l’alimentation se fasse dans un volume qui communique peu avec le reste du réservoir (car quand le réservoir est presque vide, l’huile se barre sur les cotés et la pompe aspirait de l’air …)

3) Passage des durites sous la voiture
Diamètre 8 mm pour l’alimentation, j’avais mis du 6 pour le retour mais ça créait une surpression dans le circuit, j’ai du passer à 8. Les durites passent dans les gaines d’origine avec les cavaliers légerement modifiés (ouverture des pates en plastique).

4) Installation du filtre chauffant pour l’huile
Poltec.de <- fabriquant du filtre, acheté d’occaz sur oliomobile.org, le filtre est en alu, à tête chauffante, installé dans l’aile droite.

5) Installation du réchauffeur 30 plaques
Je n’étais pas parti pour en mettre un et finalement c’est absolument nécessaire, le 30 plaques est le seul moyen d’obtenir la puissance de chauffe suffisante.

On relie l’échangeur et le filtre avec des té de dérivation (plomberie)

Tout doit ensuite etre bien isolé avec de l’isolant de plomberie ou mieux si vous avez mieux ! La température est un facteur très important il faut penser circuit le plus court possible, le plus protegé du vent etc.
6) Electrovanne d’alimentation, de retour
Une pollack 6 voies est utilisée pour l’alimentation, les 6 voies permettent de faire un bouclage complet du circuit huile, pendant que le moteur tourne au gasoil, l’huile circule dans l’électrovanne et dans les échangeurs, donc elle chauffe partout sans volume mort.

Pour le retour une 3 voies Siraïl est utilisée, fiable et robuste c’est une EV de luxe, mais il fallait bien ça pour tenir la pression dans le carburant.

7) Fabrication du réchauffeur bobiné électrique
On prend du fil de cuivre émaillé en 0.8, on bobine 17 mètres pour obtenir 150 watts de chauffe (il existe des algorythmes pour calculer les valeurs) sur un tube de 8 mm. Soudure au bout du fil émaillé, relié à la batterie via un relai un inter.






Le réchauffeur est commande en plus par le régulateur qui suit.

Sonde de température, boitier de mesure et de contrôle
Un boitier ETC 200 est utilisé pour mesurer la température (avec sa sonde spéciale) on peut lui fixer une valeur max au delà de laquelle il arrête d’alimenter l’élément chauffant.
La sonde est dans un té de dérivation (plomberie) et étanchéifier avec un morceaux de durite et des colliers.


9) Eléments de contrôle, interrupteurs, jauge, alimentation de la pompe de gavage.
Boite de dérivation pour les relais et les fusibles.

Arrivée des cables dans l’habitacle derriere la boite a gant.

Alimentation de la pompe de gavage et connexions de la jauge de niveau d’huile dans le coffre

Jauge de niveau d’huile

Dans l’habitacle, à la place du cendrier et de l’allume cigare, les inter et le controleur :

10) Préfiltre
Un petit préfiltre (en fait un post filtre ..) crépine remplie de tissu filtrant à 1 micron pour refiltrer une dernière fois l’huile avant la pompe à injection.

11) Pompe de gavage
Temporérement installée depuis longtemps (lol) dans le coffre, de fabrication maison avec une pompe de gavage d’origine Stilo115, un moteur de radiateur de golf, du métal, des roulements à bille, un joint spi, un cardan maison, et le génie d’un ami mécanicien qui sait travailler ………….. bravo merci j’aurais été incapable de faire ça.

On ne peut pas utiliser une pompe de gavage d’origine gasoil car le carburant traverse la pompe et avec l’huile ça polymérise sur les charbons causant l’arrêt de la pompe assez rapidement.
Pour ajuster la pression il a fallu que je bricole une dérivation avec un robinet pour ajuster la pression. Pour régler la pression, je ferme le robinet (pression max dans les durites avant la pompe d’injection), la pompe force, j’ouvre progressivement le robinet jusqu’à ce que le moteur diminue de régime (la pompe n’est plus assez alimentée) je remonte très légerement la pression en refermant le robinet, le régime se stabilise de nouveau, la pompe reçoit assez de pression à l’alimentation, c’est OK !

Les retours carburant : de l’EV d’alimentation pour le bouclage, de la dérivation pour baisser la pression, l’EV retour elle-même connectée au collecteur de retour d’origine.

Mon moteur aujourd’hui

L’isolation se répand avec l’hiver qui arrive, un peu travail sur l’admission d’air, suppression de l’EGR.
Ma station de filtration de l’huile usagée


3000 km parcourus à 100 % d’huile, j’attends de voir si ça marche dans la durée, mais pour l’instant RAS.
Un ami tourne depuis 20 000 km avec un picasso hdi modifié de la meme façon, et tout roule.
Je peux répondre aux questions éventuelles.
A+ les bravistes